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L’OVULATION CHEZ LA CHIENNE

L’OVULATION CHEZ LA CHIENNE


 


à lire si l'on souhaite se lancer dans l'élevage, des connaissances indispensables pour comprendre ce qu'est de faire reproduire sa chienne.  article  écrit par des vétérinaires et parus dans la revue le Point vétérinaire


 


 


DETERMINATION DE L’OVULATION CHEZ LA CHIENNE

A l’heure actuelle, le suivi adéquat des chaleurs chez la chienne participe aux règles des bonnes pratiques d’élevage. La détermination du moment de l’ovulation et de la période la plus fertile sont deux facteurs essentiels qui permettent de diminuer le nombre des saillies ou d’insémination artificielles nécessaires pour obtenir une gestation. Cela représente un gain non négligeable pour l’éleveur propriétaire.

Rappels physiologiques du cycle œstral
- Différents phases du cycle
Chez la chienne en comparaison avec les autres espèces animales, le cycle œstral est très long et sa durée peut varier considérablement d’une femelle à l’autre. Il est divisé en quatre périodes : l’anoestrus, le pro-oestrus, l’œstrus et le dioestrus.
L’anoestrus correspond à la phase de repose ovarien pendant laquelle les taux hormonaux sont à leur seuil basal. Sa durée varie de quatre à neuf mois. Il existe des spécificités de race : les rottweilers et les bergers allemands sont des périodes inter-oestrales courtes de l’ordre de quatre mois alors que dans d’autres races, les mastiffs, l’intervalle inter oestrus est de neuf mois.
Le pro oestrus est caractérisé à son début par les premiers signes visibles des chaleurs : gonflement de la vulve, pertes sanguines d’abord discrètes puis plus abondantes, attirance du mâle mais refus de saillie. Le pro-oestrus s’étale sur une période de 3 à 27 jours avec une moyenne de 9 jours. Il traduit l’action de l’oestradiol sur les organes cibles.
En revanche l’oestrus est, à priori, la période pendant laquelle la chienne accepte la saillie. C’est la période d’ovulation ou autrement dit, la période fertile. Sa durée moyenne est inférieure à 9 jours.
Le début du metroestrus indique la fin de cette période d’acceptation. Le métoestrus correspond à la phase lutéale du cycle. Il dure de 65 à 70 jours et correspond à l’activité du corps jaune ovarien qui produit de la progestérone avec ou sans gestation.
Les signes cliniques présentés par la chienne sont trop aléatoires pour permettre une interprétation fiable des différents phases du cycle.
Un nombre important de variables fausse le diagnostic :
- chaque phase a une durée différente d’un individu à l’autre
- l’acceptation du mâle ne correspond pas toujours à la période d’ovulation et de fertilité optimale
- - le moment réel de l’ovulation pendant le cycle varie d’une chienne à l’autre. Deux tiers des chiennes ovulent vers le dixième jour des chaleurs mais un tiers est plus précoce ou plus tardif.
En cas de gestation, l’intervalle entre le jour de l’ovulation et le jour de la mise bas est relativement constant dans l’espèce canine. Il est de l’ordre de 63 jours +/- 1 jour dans 90 % des cas.

- Notion de période fertile et de période de fertilisation
La période fertile et la période de fertilisation doivent être distinguées.
Dans l’espèce canine, l’ovulation libère les ovocytes primaires qui ne peuvent être fertilisées que 48 heures plus tard après qu’ils aient accompli leur première division méiotique pour devenir des ovocytes secondaires. A ce stade les ovocytes ont déjà parcouru deux tiers de l’oviducte. Ces ovocytes matures sont fertilisables et le restent pendant deux jours. C’est la période de fertilisation potentielle.
Cependant une gestation peut être obtenue alors que la chienne a été accouplée sept jours avant cette période de fertilisation potentielle et ce jusqu’à sept jours après.
Cette période fertile est plus longue que celle de fertilisation. Cela s’explique par la longue viabilité des spermatozoïdes dans les voies génitales de la chienne de quatre à six jours, par le fait que l’ovulation s’étale sur une durée de 24 à 48 heures, que les ovocytes sont ovulés au stade de la vésicule germinale bloqués en fin de prophase méiotique et que ces ovocytes matures survivent et restent fertilisables pendant deux à quatre jours. Ces phénomènes sont propres à l’espèce canine.
Théoriquement la chienne devrait être capable de concevoir à la suite d’une seule saillie pendant une période qui s’étalerait de un ou deux jours avant le pic de l’hormone lutéinisante (LH) et jusqu’à sept jours ou huit jours plus tard. Cette phase est qualifiée de période fertile. La fertilité peut être diminuée à la fin de cette période probablement à la suite de la fermeture du col utérin, même si quelques ovocytes fertilisables sont encore présents dans l’oviducte.
Les données actuelles indiquent que la chienne est plus fertile entre deux à quatre jours après l’ovulation soit de quatre à six jours après le pic de LH. Un accouplement réalisé en dehors de cette période entraîne une diminution de prolificité car un certain nombre d’ovocytes présents ne sont pas encore fertilisables ou ne le sont plus.

- Variations hormonales lors des différentes phases du cycle
Grâce au développement de méthodes fiables de dosages hormonaux, les différentes phases du cycle ont pu être mieux définies. Le pic de sécrétion de LH induit l’ovulation 48 heures plus tard. Sur le plan hormonal une augmentation du taux plasmatique d’oestradiol est observée dès la fin de l’anoestrus. Celui s’accroit pendant la période du pro oestrus et présente une valeur maximale pendant environ 24 h, un ou deux jours avant le pic de sécrétion de LH. Ensuite ce taux plasmatique décroît pendant l’oestrus. Les valeurs de l’ oestradiolémie sont basses pendant cette phase et ne peuvent donc pas servir de témoin de l’ovulation. La progéstérone n’est pas détectable au début du pro oestrus. Jusqu’à la fin de cette phase le taux est basal inférieur ç 0.5 nmol/l ou de l’ordre de de 0.16 ng/ml à 0.5 ng/ml selon les laboratoires. Cependant le phénomène de lutéinisation pré ovulatoire chez la chienne entraîne l’apparition de taux plasmatiques de progestérones suprabasaux, de l’ordre de de 2 à 3 ng/ml (6 à 9 nmol/l au moment du pic de LH. Au moment de l’ovulation ce taux se situe à des valeurs de 15 à 24 nmol/l ou de 4 à 10 ng/ml. Une étude récente montre que le taux de progéstérone est relativement identique d’une chienne à l’autre au moment de l’ovulation. Ce taux augmente plus ou moins rapidement les jours suivants et peut atteindre des valeurs de 100 à 150 nmol/l ou de 30 à 50 ng/ml et même plus. Il n’est dès lors plus possible d’estimer le jour de l’ovulation à postériori.
Méthodes de détection de l’ovulation
Afin de déterminer la période idéale pour procéder à l’accouplement il convient de repérer l’ovulation avec le plus de précision possible. Différentes méthodes directes ou indirectes sont disponibles : l’observation du comportement de la chienne, la vaginoscopie, la mesure de la résistivité électrique de la glaire vaginale, l’analyse cytologique d’un frottis vaginal, les dosages hormonaux et l’examen echographique. Seuls les dosages hormonaux et l’examen échographique présentent une réelle fiabilité.
L’observation des signes cliniques qui accompagnent l’ovulation de l’oestrus n’est pas une méthode fiable pour détecter le jour de l’ovulation.
- La vaginoscopie
Elle permet de visualiser les modifications d’aspect de la muqueuse vaginale induites par l’activité oestrogénique. Pendant le pro oestrus les replis de la muqueuse sont pâles, gonflés et arrondis. Lorsque le taux plasmatique d’oestradiol chute brutalement au profit d’un accroissement de la progestéronémie, la muqueuse se déshydrate. Une transformation rapide de l’aspect des replis s’ohserve, ils deviendront très anguleux et très blancs. C’est en principe le témoin de l’oestrus.
- Mesure de la résistivité de la glaire vaginale
Elle se réalise au moyen d’un ohm mètre tel que l’appareil de Draminski. L’extrémité de la sonde doit toujours être placée au même endroit dans le vagin, ce qui est difficile dans l’espèce canine car il existe une grande variabilité de taille en fonction des races. De plus, contrairement à ce qui s’observe dans d’autres espèces, la résistance électrique des glaires vaginales chez la chienne augmente durant le pro oestrus et reste élevée au début de l’oestrus. Cela est probablement dû à la présence d’une quantité importante de sang mélangée aux glaires vaginales. L’ovulation a lieu pendant cette période de résistivité élevée. Les conditions optimales pour procéder à l’accouplement coïncident avec les trois derniers jours de résistivité élevée.
- Examen cytologique vaginal
Le nombre des couches cellulaires augmente de façon significative pendant le pro oestrus. Cela entraîne l’apparition de différents types cellulaires ( cellules basales, parabasales, intermédiaires, et superficielles, ainsi que de nombreux érythrocytes mais sans ou peu de leucocytes. Pendant l’oestrus, le frottis présente une majorité de cellules superficielles kératinisées avec un noyau picnotique. La fin de l’oestrus est caractérisée par la réapparition de cellules nuclées et surtout par la présence d’un nombre important de leucocytes, de cellules de métoestrus qui sont des cellules intermédiaires contenant un leucocyte dans leur cytoplasme et des cellules mousseuses, cellules intermédiaires à vaucoles lipidiques intra cytoplasmiques. L’exament cytoloqique ne peut pas être utilisé pour confirmer l’ovulation mais il permet de déterminer les phases du cycle.
- Dosages hormonaux
C’est la façon la pus efficace et la plus pratique pour suivre l’évolution du cycle. Le pic préovulatoire de LH est un phase clé du cycle, il dure de 24 à 72 heures et présente un aspect de courbe arrondie. La LH atteint des valeurs maximales de 10 à 22 ng/ml. Sa mise en évidence exige cependant un prélèvement sanguin quotidien ou biquotidien car il est impératif de détecter la phase montante de la courbe ainsi que la valeur plateau maximale.
Cependant très peu de laboratoires privés réalisent ce type d’analyse.
- Le dosage de progestérone est une méthode fiable. Mais les valeurs obtenues peuvent varier par rapport à celles mentionnées dans les publications. Cela est dû à l’effet de paramètres extérieurs associés tant à la procédure de prélèvement qu’à la méthodologie de l’analyse elle-même. De plus il convient de s’assurer de la calibration des appareils de mesure et de la validation des tests utilisés au sein du laboratoire qui traite les échantillons. Dans bon nombre de cas, les prélèvements sanguins sont traités par des laboratoires dont le matériel est calibré pour analyser le sang humain et non celui d’autres espèces. Les seuils de détection peuvent de ce fait être inadéquats. La centrifugation immédiate du sang total hépariné et la récolte de plasma dans un tube sec qui est ensuite réfrigéré ou congelé (- 20° C) restent la méthode de prélèvement les plus adéquate.

Parmi les facteurs qui influent les résultats de la progestérone certains sont clairement déterminés :
- Le dosage progéstérone dans le sérum donne des valeurs en général inférieur de 20 % selon le laboratoire à celles obtenues dans le plasma.
- Si le tube de prélèvement contient un gel de séparation du sérum (gel polymère) le taux de progestérone a tendance à baisser par rapport au taux mesuré dans le sérum prélevé dans un tube sans gel. Plus le rapport entre la quantité de gel et le sang prélevé est élevé, plus cette différence est importante.
- La réfrigération du sang total pendant les deux premières heures après le prélèvement diminue de façon significative la valeur de la progestéronémie. En revanche la réfrigération du sang complet coagulé n’affecte pas le taux sérique de progestérone si le tube a été maintenu à température ambiante pendant les deux premières heures suivant le prélèvement.
- Le taux plasmatique de la progestérone dans le sang total prélevé sur un tube hépariné n’est pas affecté par la température pendant les 5 premières heures du prélèvement.
- Les dosages effectués au moyen d’un test de type radioimmunoassay donnent des valeurs de progéstérone plus élevées de l’ordre de 1,5 fois et demi que celles mesurées par chémoluminescence. Il s’agit dans les deux cas de deux de méthodes de dosage de type compétitif entre un nombre déterminé d’anticorps antiprogestérone spécifique et de progestérone libre non marquée. Cette dernière est identifiée par un traceur radioactif (radioimmunoassay) soit par un enzyme (chémoluminescence ) au contact d’un substrat approprié.
- Les test qualitatifs type Elisa ne sont pas suffisants fiables pour être utilisés en pratique
Les valeurs de la progestérone fluctuent durant la journée. Elles peuvent être en moyenne 30 % plus élevées le matin que l’après midi. Il faut en tenir compte.

Méthode pratique de dosages de progestérone
Repérer le premier jour des chaleurs caractérisé par l’apparition des pertes de sang. Effectuer une prise de sang et un dosage de progestérone 4 à 5 jours plus tard. Effectuer un nouveau dosage quatre jours plus tard si la progestéronfémie est inférieure à 1 ng/ml (3nmol/l). Si elle est comprise entre 2 et 3 ng/ml répéter le dosage après trois jours. Entre 2 et 5 ng/ml répéter le dosage après 2 jours jusqu’à obtenir une valeur comprise entre 4 à 9 ng/ml (12 à 27 nmol/l) Ce taux correspond à une valeur qui coïncide avec l’ovulation. Prévoir la saillie un ou deux jours après l’ovulation pour la semence fraîche. En cas de semence réfrigérée il convient d’inséminer deux à quatre jours après l’ovulation et de refaire éventuellement un dosage afin de confirmer que celle-ci se situe bien à une valeur supérieure à 10 à 11 ng/ml (30 à 33 nmol/l).

Progestéronémie.

Moins de 1 ng/ml = anœstrus
Entre 1 et 2,5 ng/ml = fin de proœstrus (hypophyse Þ pic de LH)
Entre 4 et 10 ng/ml = juste avant l'ovulation
10 ng/ml = ovulation (la majorité des chiennes passe de 5 à 10 ng/ml en 48h)
15 – 20 ng/ml = saillie
45 ng/ml la chienne n'est normalement plus fécondable
Entre 50 et 80 ng/ml = début du metœstrus

§ Si ovulation précoce : progestéronémie passe de 5 à 50 ng/ml en moins de 4 jours


§ Si ovulation tardive : progestéronémie passe de 5 à 10 ng/ml en plus de 7 jours


§ Cycle anovulatoire (progestérone reste < à 10 ng/ml) Þ cf. exploration gonadique de la femelle




- Examen échographique des ovaires
Le suivi échographique du développement folliculaire jusqu’à l’ovulation a fait depuis plusieurs années l’objet d’études . Des études récentes prouvent que l’examen échographique quotidien permet de confirmer l’ovulation pendant plus de 90 % des cas. Actuellement le matériel échographique est beaucoup plus performant et permet d’obtenir une meilleure résolution d’image. Les ovaires de la chienne sont visibles en regard de la troisième ou de la quatrième vertébre lombaire, au pôle caudal du rein. Quelques difficultés de visualisation peuvent se présenter dans le cas de chiennes obèses ou les races géantes.


 


 


insémination artificielle avec semence fraiche. 


photo Richard COLINET


 


remerciements à muriel issele du forum des DALMATIENS pour son aide.